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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 18:45

        Les genoux repliés sous le ventre la femme nue entre les murs blancs - Etre ici - Entre les murs blancs - Appeler au secours le bord de mer - Vite s'y noyer - Se dissoudre - la mémoire qui reprend ça racontera de nouveau - Elle tendait les mains pour s'agripper à l'air - Déchirement fuite / Un hurlement discontinu à l'horizontal. Un hurlement que parfois renvoie l'écho / Un hurlement - Que le désespoir retient par un fil - Muet / aussi / sorti du corps ravagé. Plaie repliée sur elle-même ombre sur le trottoir - Attendant la - la pluie pour effacer les traces meurtrières. Implorer la pluie qui ne vient pas. Elle accompagnera les loups qui hurlaient à la mort - Déchirement / Fuite / Insupportable ces mots-là. A l'oeil invisible - le nu - le rien - Je se détache - au creux - pas de creux - rien - mais - Où es-tu questionne le lutin ? Nulle part répond l'oiseau. Partout assure l'idiot - avec son poids sur le dos - avec - ce qui pourrait vivre avec l'ongle raclant furtivement le oui avant de se sauver - Mais Je - Exprimer le heurt déplaisant de sonorités - Et - Démerde-toi avec la conciliation - Je a nettoyé par le vide et la nervure abandonne le squelette - la virgule fuit et trace le cauchemar de celui qui / Effacer / Re / commencer /  Re / trouver la force de la main - Re / faire des gestes - Re / prendre l'habitude - Décoller les lèvres du mur - l'autre nuit elle était là - là - là - tout près - alors que - Alors - Alors que - Dans le petit fleuve un petit rien sourit - C'était demain

 

                                                       femme-gothique-116-copie-1.jpg                                                                         

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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 18:27

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femme-162.jpg

     Je récris depuis le début ce que fut le Maelström. L'écriture à présent devient ce qu'elle est, différente. Travail de longue haleine. Peut-être même le titre changera, je verrai à la fin.

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27 septembre 2011 2 27 /09 /septembre /2011 12:32

ANGE SOIREE ++++

 

Il sera un jour un éclatement - Sans mot

La fée d'hier parée de ses plus beaux atours sera sourde

Elle éteindra sa cigarette - Et brisera le miroir

Le temps et la mémoire se déchireront

 

Il sera un jour sans ombre ni lumière et monsieur se taira

Avant qu'il n'arrive quelque chose

Dans l'impuissance Monsieur sera muet

Les oiseaux chercheront quelques miettes de pain tombées au hasard

 

Il sera un jour le silence - Qui vivra

Qui parlera une langue inconnue de vous tous

L'obèse aura le souffle coupé et le ventre vide

Une balle dans la tête achèvera sa torture

A son enterrement le soleil brillera

Les immeubles s'écrouleront et la terre sera neuve

 

Il sera une fois l'ombre du mystère qui vous salue bien bas

Regardez bien le funambule sur sa corde raide

Il ne dit rien - Se tait - Regardez bien

Il hurle que vous êtes déjà morts

La dame aux camélias pleure le silence du jour

L'heure passe - Braves gens

 

Il sera une fois où le vers de terre oubliera sa mathématique

Et s'envolera loin de vos puanteurs glaciales

De l'impossible discours qui vous menace

Et dont vous ne savez rien

L'idiot a compris et a rejoint les étoiles - Il sait

Sur son passage il regarde le souvenir d'avoir vu

Ce que personne n'a vu

 

Il sera une fois

Il était une fois sera mort

 

***

La date du procès a été reportée au 24 mai 2011. A huis-clos.

Il a duré trois heures.

Sa culpabilité a été largement reconnue tout au long des années communes.

Le Procureur a requis une peine de 18 mois de prison dont 6 mois avec sursis.

Les juges n'ont pas suivi le réquisitoire car ayant porté plainte deux mois avant la fin de la prescription juridiquement les faits ne sont reconnus que sur les deux mois (mai-juillet 2005). Il a été relaxé, les juges ayant soin de lui faire remarquer cependant sa culpabilité.

Le parquet a voulu faire appel. Il fallait mon consentement.

Je n'ai pas donné suite. Cela était trop éprouvant pour moi. Le fait qu'il ait été reconnu coupable me suffit.

Je pense avoir bien fait car mes enfants, eux, m'ont condamnée. "à cause de toi papa a failli faire de la prison"... Ils ont rejoint leur père et rompu toute relation avec moi. La manipulation continue.

Je reprendrai plus tard la suite de ce blog, je suis bloquée actuellement. Je ne peux plus écrire que proses.

Je poursuis toujours hebdomadairement mes soins auprès de mon psychiatre.


                                              Texte protégé

 

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1 janvier 2011 6 01 /01 /janvier /2011 22:49

LOUP-HURLE.jpg

"Veuillez excuser l'absence momentanée de l'image et de la parole"

Que veut dire l'image ?

Que veut dire la parole ?

Quel est cet état d'une bête qui hiberne ?

JE est devenue une "bête" .

L'humain a disparu . La question qui se pose est : "Vaut-il mieux être une bête ou un humain ?

Puis la question de la culpabilité s'impose . Le poignet n'en peut plus . Les scarifications laissent traces indélébiles qu'il faut cacher .

Le corps résiste . Aux excès . A la destruction .

Sans doute a-t-il eu raison .

 

La date du procès est fixée au 25 janvier 2011

 

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15 août 2009 6 15 /08 /août /2009 18:41


Les heures de la journée s'écoulent ,  calculées à la minute .  L'emploi du temps est organisé de telle façon que je deviens le chef de Ta libre entreprise ,  conforme à Tes règles .
 
Le matin ,  après avoir emmené les enfants à l'école ,  je me rends à la salle de gymnastique .  Une heure qui me sert d'exutoire ,  pendant laquelle je me confesse .  Durant soixante minutes mon corps m'appartient .  A moi.  Moi seule . 
Personne ne peut le voler .  Le violer .  Le gifler .  L'insulter .  Le battre .  Le faire trembler .  Dans le grand miroir  face à moi mes yeux observent le corps qui évolue ,  se plie ,  se tend ,  se soulève ,  s'étire .  La sueur de l'effort s'écoule le long de ma peau ,  ma bouche en goûte le sel .  Une satiation .  Prolonger ce moment pendant lequel l'esprit et le corps semblent ne faire qu'un .  Dépenser toute l'énergie pour .  A coups de sueur ,  de performance ,  de douleur parfois .  Je recherche tant de raisons pour y arriver .  Je me concentre dans l'impasse ou l'impuissance du possible ,  la salle est vaste ,  je peux respirer et je me demande bêtement pourquoi j'étouffe et pourquoi je choisis toujours la même place ,  près de la grande fenêtre ,  qu'aucune des participantes n'aurait l'idée de me prendre .  Comme un espoir de naissance mon corps écoute la voix qui commande ,  presqu'un chant ,  la voix qui n'est pas étrangère et le son de l'électrophone qui l'accompagne ne parviennent que si peu à m'arracher du vide .  Car l'heure arrive à sa fin et tout recommence .  Même si je reviens en fin de journée .  Et demain matin .  Et tous les jours de la semaine .  L'évidence de ce corps qui ne m'appartient plus ,  seulement quelques minutes par jour .
 
A travers la fenêtre j'observe les branches de l'arbre .  Un oiseau est venu se poser et me regarde .  Il semble attendre une réponse qui ne vient pas .  Sa tête brusquement effectue un mouvement rapide de gauche à droite et l'oiseau s'envole tandis que le chat du voisin apparaît ,  nonchalant .  Il s'est échappé par un trou dans le grillage et sa queue tendue à la verticale témoigne de sa victoire .  Je souris et m'évade avec lui .  La voix me rappelle à l'ordre et honteuse je regarde les corps couchés tandis que je suis toujours debout . 
Comme absente .  
A la fin du cours les femmes parlent ,  s'agitent ,  s'habillent .  Je reste là ,  pantelante ,  les yeux dans le vide ,  mais mon sourire rassure tandis que je songe à l'Homme .  L'Homme m'attend ,  après la douche .  Je dois rire et faire que tout aille bien .  Une évidence .
Le fis du voisin s'est tué en voiture .  Il y a beaucoup de voitures dans la rue ce matin .



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14 août 2009 5 14 /08 /août /2009 11:43

A l'étage de la maison ,  devant la fenêtre grande ouverte de la chambre inondée  lumière ,  les champs de blé s'étalent à perte de vue .  Cet océan d'émeuraude m'attire irrésistiblement avec une envie d'y plonger la tête la première .  Toutes ces sensations me font vibrer et je ne sais plus où je suis ni même qui je suis  -  peut-être rien  -  
Une détresse ,  profonde ,  s'empare de moi .  Je me laisse tomber sur le lit .  Muette .  Figée .  Les yeux fermés comme ceux d'une poupée de chiffon qu'on aurait cassée .  Angoisse du massacre ,  massacre dans lequel je baigne en eaux profondes ,  qui m'étouffe ,  et dont je ne peux me dépêtrer .  Ravaler les larmes qui coulent seules .  Rien n'y peut .  Haïr et cracher .  Violence pour survivre .  Rien d'autre n'est permis .  L'impasse et l'impuissance avalent les non-dits .  Les mots encore non-dits .  Les mots inexistants .  Ils apprennent le langage à long souffle de la fuite .  Dissimulation profonde .  Comment faire pour calmer la respiration tremblante ,  ne pas me heurter aux murs ,  je regarde en face et recule ,  face au mur que je fuis ,  le seul que je vois ,  et me cogner au mur derrière moi qui me repousse ,  je suis prise au piège ,  la pièce se rétrécit ,  le blanc tangue ,  la sueur m'inonde ,  les araignées restent accrochées à leur fil ,  pétrifiées ,  mais savoir rester en vie ,  continuer de vivre malgré tout ,  combat devenu silencieux .  La déchirure reste là dans le souffle.  Ma peau éclate .  Questions .  Questions .  Questions .    Demandent réponse .  Nulle réponse hurle le monde .  Monde inachevé ,  dévasté .  Ne pouvoir se défendre et attendre la sentance .  La cassure du corps annonce la chute .  Le muscle fond ,  se désagrège ,  le coeur cogne en violence .  Dans le cri la douleur appelle et se rappelle .  Les cris au-dessus de moi ,  les mots durs ,  les injures qui blessent et qui tuent .  Les menaces aussi .  Une persécution à laquelle je collabore .  Un long cri rauque s'échappe de ma bouche et je plaque mes mains contre les oreilles pour ne plus rien entendre .  Les mots sont jetés, crachés ,  usés ,  détruits ,  je suis perdue .  Ma vie bascule à l'horizontale .  Le plafond de la pièce s'abat sur moi ,  mon corps écrase ce qui reste du lit ,  j'étouffe le cri qui rugit de ma gorge .
Et .  La chatte noire dort paisiblement ,  en boule  sur le fauteuil .  La tête sur l'arrière-train .  Il y a sur le bureau un bouquet de mimosa .  On entend seulement le tic-tac du balancier de la pendule posée sur le piano .  Il y a aussi accroché au mur ce tableau qui rappelle le temps où je faisais du cheval ,  à mes côtés l'ami disparu .  
Maintenant dans l'allée du jardin les feuilles mortes jonchent le sol .
 
Et il y a aussi sur la terrasse un canapé vide qui n'attend personne .




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2 août 2009 7 02 /08 /août /2009 19:06


Perdre le corps et l'espace .  Mémoire floue .  Le corps ne paraît pas changé ,  même après les années écoulées .  Seuls les tics déforment le visage .  De plus en plus .  Sauvagerie entre peur et refus devient quotidien .  Mordre l'intérieur de la bouche .  Acte incontrôlé .  La chair creusée par les dents qui mastiquent les lambeaux de peau laisse paraître des traces sanguinolentes invisibles au regard des autres .  Seule la marque des sillons autour des lèvres révèle l'acte .  L'acte pendant lequel le bas du visage se déforme .  
Parfois ,  lorsque les dents ne parviennent plus à atteindre la peau quasiment inexistante ,  la main aide .  Plaque fortement l'intérieur de la joue contre les dents .  Ne plus laisser aucune peau repousser ,  arracher tout à pleines dents ,  geste incontrôlé .  Aspirer et goûter le sang dans la bouche .  Sans en ressentir le moindre mal . Seul manger des aliments accompagnés d'une sauce vinaigrée reste un calvaire ,  une douleur aiguë .  Ma bouche : du feu .  
Se retenir de crier .

Les ordres commencent à tomber .  Stopper net alors .  Un temps .  Puis machinalement la bouche et les dents reprennent leur voyage incessant .  Les ordres ,  à nouveau .  Un cri qui fait sursauter chaque fois .  
Puis Ta main qui tape la mienne contre la joue ,  parfois Ta chaussure ,  quand Tu es un peu loin .  Sursaut encore .  Reprendre une attitude convenable .  Ou fuir .  Ton cri ,  Ta main ,  Ta chaussure ,  pour empêcher ce putain de tic qui ne me laisse pas en paix .  Par moment ce tic un besoin ,  une drogue ,  que j'essaie de contrôler ou de cacher .  Alors on peut voir en observant bien le jeu des mâchoires ,  des maxillaires ,  laissant apparaître sur les côtés du visage ,  du bas jusqu'à la tempe ,  les contractions . Mais l'acte réfléchi laisse souvent la place à celui irréfléchi ,  en toute circonstance : en voiture ,  à table ,  en rêvant ,  avec les clients .

Seuls le cri ,  la tape ,  ou la chaussure ,  me ramènent à la réalité .

Les bons résultats de mes enfants à l'école me rendent légère et joyeuse .



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30 juillet 2009 4 30 /07 /juillet /2009 21:26


J'ai peur .  Tout simplement .  Peur de Toi .  Je  ne sais qu'une chose  -   Je dois taire .  Taire le mensonge qui m'étouffe .  Taire la honte qui m'écrase .  Taire les coups que le corps accepte .  Je est une autre .
Mais TOI
Qui es-tu  ?
Qui es-tu  ?

L'ombre du diable ,  l'échine courbée .

Sur le talus l'herbe séchée gise impitoyablement ,  le soleil écrasant rend l'air poussiéreux irrespirable .  Les crevasses dans le sol témoignent du manque .  La rivière est morte .  Déserte .  Telle une supplication elle attend l'eau qui la fera revivre .  On attend la pluie qui ne vient pas .   L'été brûle cette année .  

Je rejoins la plage ,  très loin de là .  En Espagne .  Cela le répit .  Alors que l'aube se lève sur ce jour tourmenté .

La baie est calme .  Silencieuse .  Une barque attend .  Seule au bord du rivage ,  sur le sable encore légèrement humide de la rosée matinale .  La plage est vide .  Il est tôt .  Le silence enveloppe l'étrange atmosphère .  Sur les rochers plus haut ,  sur la falaise ,  les maisons aux persiennes closes gardent aussi leurs secrets .

Le monde dort .  Aucune trace humaine .  Quelques mouettes tournoient dans le ciel azuré ,  piallant légèrement .  Quelques cris stridents parfois résonnent aux oreilles .  Une solitude agréable enveloppe le mystère du lieu .

Je descends les longues marches ,  lentement ,  qui mènent à la plage déserte .  Le retour en arrière semble impossible .  La mer est calme .  A peine troublée par le murmure des vagues venant lécher le sable ,  sous l'effet de la brise matinale ,  légère .  Que pense le facteur  ?  Le facteur se suicidera plus tard .

Tremblants ,  les pas laissent des traces ineffaçables sur le sable immaculé .  Ne pas regarder en arrière .  
FUIR .

Le soleil se lève tout doucement sur la baie endormie .  L'ombre collée à la peau me pousse .  Me force à avancer .  On entend l'absence du monde disparu .  On entend dans le silence le léger clapotis des vagues .
Fermer les yeux .  Goûter l'air salé .

La mer fait sa révérence à mes pieds .  Quitter le corps et m'enfoncer dans l'invite de l'eau turquoise .  Engloutir le mourir qui menace .  Le corps reste immobile ,  au bord de l'eau .  Je m'avance lentement ,  pénètre dans la mer .  Et mes yeux avides soudain regardent au fond le sable intact .  Mêlé aux galets ,  aux coquillages .  Les yeux brûlent ,  piqués par le sel .
Me laisser engloutir par la mer .  Un besoin .

Les longs cheveux à l'horizontale tracent la fuite .



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22 juillet 2009 3 22 /07 /juillet /2009 20:53


Il y a quatre ans aujourd'hui...j'étais en clinique psychiatrique depuis quelques temps.
J'ai tenu un journal ,  pendant quatre mois . 
Je vous livre la page d'aujourd'hui...telle quelle...car aujourd'hui il y a quatre ans une rencontre est née , rencontre qui a totalement changé ma vie .  Je n'ai rien changé à la page ,  voici un extrait de ce journal ,  " d'une femme à côté de son corps " .



Mauvais départ .  Mauvais réveil .  Comme j'appréhendais .  Ma tête est épuisée ,  mon corps n'est plus le mien .
Je m'écroule au petit déjeuner ,  en pleurs ,  je ne peux manger .  A table ,  pas un mot des autres  .   Silence respectueux .  Corinne vient me rejoindre à la clope ( cafèt ) .  Je monte faire mon lit ,  prends ma douche ,  me lave les cheveux .  Je mets ma petite jupe noire puis plus tard opte pour le jeans . (Peur d'attirer des regards sur moi) . 
Je suis mal ,  je décide d'aller voir Caumel .  Salle d'attente pleine .  Je m'isole ,  recroquevillée ,  par terre .  Une heure après il me prend .  Je lui annonce toute fière qu'en dix jours j'ai pris un kilo .  Il me félicite .  Puis je lui balance tout :  mes angoisses au réveil ,  mon euphorie et excitation l'avant-veille alors que je n'avais pas dormi ,  ma chambre noire dans laquelle je m'isole ,  mon envie mais mon impuissance de visiter et faire le tour du parc ,  mon refus de me joindre aux autres,  et m'isoler encore et toujours .  Il me dit que ce n'est pas un mal ....
Bref ,  il me tend une nouvelle ordonnance à donner à l'infirmerie .  Arrivée là ,  je demande à Philippe (l'infirmier) si je peux en garder le double .  Il refuse .  On se frite .  Je ne comprends pas ,  je suis en droit de savoir ce que j'ingurgite ,  je m'insurge .  Il me jette .  Je pars fâchée et sanglote contre un mur .  Une femme qui passait me caresse l'épaule et tente de me calmer .  Il faut que je mange ,  c'est l'heure .   Je file à table en hoquetant ,  étouffant de gros sanglots .  Crise de nerfs .  Sortent de ma bouche des mots incompréhensibles que mes compagnons de tablée n'osent  contredire .  Le monde se tait .  Observe en silence avec respect  .  Personne ne me pose de questions .  Cinq minutes plus tard Philippe vient me voir avec un double de l'ordonnance qu'il a demandé à Caumel  et me fait le reproche de lui avoir mal parlé .  Il repart .  Là j'éclate .  Je repousse tout sur la table et m'enfuis en courant .  Je descends à la cafèt ,  sur ma marche je m'effondre et allume une cigarette en sanglotant .  Sort l'animatrice de l'ergothérapie ,  Gisèle ,  qui me fait parler ,  me calme ,  me donne des conseils et m'oblige à éteindre ma cigarette et retourner manger .  Je l'embrasse ,  la remercie ,  et remonte à table .  Je mange à peine ,  j'ai très mal à la tête et suis terriblement abattue .  Café + clope .  Je remonte dans ma chambre ,  fais demi-tour ,  demande à parler à Philippe ,  j'en ai besoin ,  je ne veux pas qu'il me juge mal .  Quand il sort j'éclate en sanglots ,  il m'entraîne dans l'infirmerie et là nous vidons tous les deux notre sac .  Lui aussi en a pris plein la gueule depuis ce matin ,  c'est pour cela qu'il a mal pris ma demande .  Il m'a dit que c'était bien qu'on en parle ,  et bien qu'on ait réglé ce conflit ,  en tant qu'adultes ,  c'est comme une thérapie ,   alors que moi je voulais que l'on fasse comme si rien ne s'était passé .  Donc on a opté pour le règlement à l'amiable du conflit ,  et du respect mutuel .  Je suis mieux .  En fait Caumel a doublé mon traitement . 
Depuis midi jusqu'au soir journée de merde .  J'ai dormi jusqu'à seize heures ,  réveillée par Francis que j'engueule de m'avoir réveillée .  Et depuis monte et descends ,  monte et descends .  Clope ,  lit ,  clope ,  lit . 
Regards avec un inconnu ,  solitaire lui aussi .
Marlène m'appelle à 21h 30 ,  en larmes .  Je mens ,  lui dis que je vais bien .  Elle a encore perdu du poids  :  45 kilos .  Prise de tête avec Mike .  Lui dort encore ...Puis Alexis vient la voir alors elle est heureuse.... ne se sent plus seule .  Marie-Françoise m'appelle .  Elles viendront sans doute dimanche après-midi , car Marie-Jo est crevée ,  suite au décès de Pierre son beau-frère .  Elle a passé la nuit avec Martine .  Je lis un peu puis m'endors .  Avant ,  petite visite de Christian ,  infirmier et ami de l'extérieur .



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21 juillet 2009 2 21 /07 /juillet /2009 18:49



Une musique qui m'accompagne partout....
Mais je préfère l'interprétation en allegro de Glenn Gould.
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  • Maelström
  • : Longue histoire que cette perte de soi... Un récit douloureux. Un exutoire. Une femme à côté de son corps durant 28 ans. Cette femme : moi. Un récit aussi où la prose prend une grande part.
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